grands mutilés de
l’hiver, des embruns
postillonnant leur rouille tandis que le
grand musulman
d’un geste calme et la voix grave
te rassurant dira tout bas
c’est pas grave, mon gars, c’est pas
grave…
je suis de la nuit mais la nuit
n’est pas couchée
alors elle s’allonge, de plus en plus longe
et longue, et s’écarte
de plus en plus large, la nuit
où mon petit radeau, flott’ flott’
mon tout petit
radeau
il n’y a pas grand monde en moi
à qui savoir marcher, il n’y a pas grand monde en moi
du tout. nos invités
n’ont pas d’honneur, qu’ils retournent
à leur festin
de fientes, de poux
à leurs fictions lubriques
j’ai plein de trous
en toi j’ai plein de trous
en moi, et plein de trous
partout, sur toute terre, en toute
mémoire j’ai plein de trous, alors
je vide les trous, avec une toute petite pelle je vide
les trous
tu ne ris pas longtemps, tu ris avec les dents
machinalement tu poses la main sur ton sexe, dissimulant ainsi ta faim, pourtant ce n’est pas l’heure, tu sains bien
j’ai des pommes dans la poche, est-ce que tu veux
une pomme
ou deux
une compote
de pommes?

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