les glandes lacrymales

  ma vieille elle est comme ça, tu lui craches dessus, tu lui pisses dans l’gueule, elle est comme ça ma vieille, voilà comme ça
  ma vie rêve ma vie, mon rêve vit mon rêve – un suicide exemplaire, sexuel, revigorant
  la glande carrément noire

  on n’aura pas de vie, on traînera par ci, on traînera
  par là – tu sais bien comme on vit…
  la seule fois où je vis, c’est pas là où je vis, sous un ciel interdit
  on n’entre pas dedans, pas comme ça pas dedans, faut d’abord écarter les bras deux, bras dehors, jusqu’au pro-
  chain décollage 

  ton sexe je l’écume
  j’ai beaucoup trop de pitié pour ne pas me maudire
  tout est permis, absolument tout: c’est un suicide universel
  les survivants de ce suicide
  se lécheront les uns les autres – les uns ne s’y reconnaissant pas, les autres
  n’en revenant pas

  tu m’habitueras, un peu
  à tes vulves parallèles, ou peu, visages séquencés
  on se dira tu, on se dira toi
  la nausée se propagera de cœur en cœur, mais où aurons-nous donc été plus vrais
  qu’en la douleur?

  la mort certes la mort, mais la connaissance c’est pire
  ça chie partout
  ça fait caca debout
  symboliquement parlant, c’est à dire à peu près poliment, elle me tourne le dos
  ainsi j’achève ma route

  et puis un jour je me suis levé, relevé
  – j’avais juste oublié
  l’apesanteur…

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