allez viens souper, chien

  vieillir fait l’enfant gâté. je n’aime pas partir du milieu j’évite de
  traîner dans les allées. j’avais un coing
  j’ai balancé le coing. il ne me reste rien, ni toit ni fenêtre, rien
  qu’un peu de rue, de trottoir verglissant
  d’apnée sans conséquence…

  petite nouille couleur nature – j’ai maigri ces derniers temps
  maigri jusqu’à ne plus pouvoir, maigri jusqu’à ne plus vouloir. laissé pousser le vide aussi, pour rien
  ne me reconnaissant par ci, ne me reconnaissant par là, naviguant à – très mauvaise – vue, m’endormant sur le pont tant sous le pont la place était prise, tant sous le pont
  la place était grive…

  un anneau me tourne le dos – je sais pas comment il s’y prend
  le nid brûlé, la route embuée. quelque chose au fond de moi se tait, comme une
  mer en suspens, une mer dure, un claquement sec
  si je ne sors de mon cerveau, où donc me retrouvé-je ?

  allez viens souper, chien
  mets pas les coudes sur la table, attends que
  je sois servi
  et la serviette blanche…

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