tu me parles de ci, tu me parles de ça, tu me parles de quoi
droite à tribord, bâbord à gauche, mais de quel bord on vire
je t’amène doucement, doucement je t’aspire – doucement me rétracte
je ne me comprends pas, tête d’épingle et le chas dans l’aiguille
un homme se masturbe sur le corps d’une femme et puis inversement, tour à tour, en y mettant les gants ou en les retirant
ça ne sert strictement à rien
tu ne comprends donc pas qu’on n’a jamais fini de tomber, sombrer, se noyer
et que les ciels se résorbent ou implosent en nos ballons pétés
je me sens comme la pute de dieu, et c’est encore plus horrible quand
je ne me sens plus du tout, glacé au fond du trou
j’ai peur si je la lâche, de m’apercevoir qu’elle n’a jamais existé, cette corde…
comme si l’on pouvait haïr sans aimer, douter sans croire, bref se ressembler sans se trahir soi-même
notre démesure nous honore

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