le petit col roulé

  franchement je ne vaux rien, je ne suis rien, mais je reste tout ce qui me rattache à l’être
  dieu n’apparaît qu’une fois le fil rompu – il ne sert qu’à ça: apparaître une fois le fil
  tendu rompu

  je n’ai rien en échange. tu me donnes quelque chose et je n’ai rien en échange
  en échange de quoi je pourrais te porter, transporter
  d’un point à l’autre, d’eau ou d’orgue mais d’une incarnation
  en forme d’incarcération, guise de rédemption

  un jour on tape dedans et un jour on tape dehors – c’est un ballon et c’est de l’air, de l’air dedans de l’air dehors, de l’air de rien
  un jour on se demande pourquoi, et un jour pourquoi pas, on se le demande pas

  tu me ramasses comme un radieux bout de pain, or on fait rien avec un bout de pain, on ne nourrit même pas sa faim avec un bout de pain
  tout corps coule et vice versa. il est minuit à l’horizon, peine perdue

  j’aime mieux quand tu t’éprends de moi, pucelle nécrophile, psychopompe et nécrophare
  j’ai déboutonné ma passion, puis je suis allé craché sur ton con

  ma veuve a les yeux bleus, bleu-épervier
  je ne me souviens plus de quel côté bouddha s’est couché pour mourir – surtout ne me le dis pas, c’est mieux comme ça
  je mourrai probablement sur le dos, quoique rien ne soit sûr
  d’ailleurs je n’ai déjà plus de dos, de profil ni de face

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *