à l’hargneux paysage

  au cours du lent, du très lent
  aspirant goulûment l’air de bulles éclatées, ne tenons pas la liste de nos
  atermoiements – on clamse à l’heure pile, le reste du temps que veux-tu on se la coule fébrile sous ce
  dieu d’une attente lumineuse…

  au plus près de la surface, les dents raclant le vide la racine
  traînant au ras de l’air – j’ai peur de n’avoir pas compris, de n’avoir pas saisi
  les mains libres enfin, le pénis en
  pleine inaction, je n’ai pas fini mon café je ne finirai jamais
  mon café – le temps déambule comme ça, sans foi ni lieu sans
  feu ni loi

  j’accroche un wagon de travers – déjà que
  je louche des rails, mais passons… un jour un homme
  a bavé sur mon jupon, mon blouson, ou toute autre vertu finissant en « on »
  que c’est moche un homme, ça sent l’moisi on croirait la marée énervée
  de surcroît y a plus de gare, plus de gare plus de canard flottant à la
  surface de nulle part

  chaque jour une comète
  m’approfondit. j’ai la touche au milieu, la raie du cul sur le côté. il pleut
  un peu plus chaque jour, même quand cela ne se voit pas même quand cela
  ne mouille pas – on est trempé ça remonte du dedans tandis que
  la croûte tout autour elle résiste, la croûte tout autour elle
  fait ce qu’elle peut pour ne pas succomber
  à l’hargneux paysage

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