et j’ai pleuré jusqu’à lundi, mardi, après j’ai cessé de compter
pourtant y avait pas de raison – c’est pas parce qu’on est triste…
alors je reçus un coup de pied au ventre. alors je conçus, coup sur coup, que je disposais bien d’un ventre, rendu aux coups, percé d’un trou
à la fois je suis mort, néanmoins bien vivant, même si je n’ouvre plus guère de livre
j’ai carrément tout un chardon dans l’cul, un tchouang tseu dans la mare
faudra penser à la récurer cette mare. les crapauds y copulent – lointains brouillards, tristes béatitudes…
un jour j’avais tes yeux, un jour total bigleux mais un jour
n’a pas existé – enfin pas de mon vivant du moins. parce que de mon vivant chacun se promenait à sa guise, hurlant en cadence, pointant du doigt l’absent où l’absent sans un mot répondait
– c’est l’angoisse…
c’est qu’une fois, pas une autre, et pas une autre fois. on s’est dit ça comme ça, sans savoir autrement. à la fois terrible ne pas savoir, et enivrant. mais ça rassure pas vraiment au fond
et puis il y eut cette folie des hommes sans honneur ni pudeur. on a fini par saccager les fleurs, s’en prendre aux filles dans les vestiaires, les champs parmi les joncs, les gosses sans mobile…
quelque chose rouge émanait de nulle part. on pensa lui faire un pansement mais on n’en avait pas. tant pis. tant pis c’est comme il dit
alors on se vida. la muerte se vida. les barreaux de leur cage, le grincement des dents les auges de leur sang. jusqu’à ce que, étendue d’un bout à l’autre de soi-même et vice versa,
la clarté pure, la chaste délivrance…
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