contre-jour

  je maigris malgré moi – un semblant de jour
  s’immisce dans mon rêve

  je t’invite à ma table, tu poses à plat les mains
  leurs lignes se propagent

  je rétrécis mes nuits, elles débordent quand même
  un peu
  sur autre chose

 

  pas deux choses en même temps, sauf l’une
  ou l’autre
  d’un appel sans fil

  dégrafer la broche de ce poumon d’air frêle, revenir au non-soi
  décoiffé sur la grève

  pas deux coups d’une même pierre, mais un ricochet 
  en play-back et rewind jusqu’à
  regagner la main ferme

 

  je n’ai pas de surprise pour toi – sautant de haut
  mais n’atterrissant pas

  novembre migratoire. à quelle flèche
  accordes-tu
  tes violons

  laisse tomber: on en retrouvera une autre, de raison
  de n’être pas

 

  mauvais pli, mauvaise pensée, et le sort si doux parfois
  qu’on le prend en pitié

  pluie d’une autre montée, remontée, petit
  cauchemar ambulant

  laiteuse transparence, on n’imagine plus rien. simplement raccrocher
  ses gants, sa vulve, leurs soupirs adjacents…

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