passer outre la mort c’est pas beau ça mais si c’est beau

  saignée.
  j’habite plus loin, un peu plus loin que vous, je m’habitue à rien
  à l’envers du visage se formule de la même nature, se conjugue mal
  tombé de tout son poids, et tout le poids sur les genoux – le haut, lui, reste bras nus, torse nu traversé
  par un profond hiver

  je ne sais pas comment on s’y prend pour prendre un homme à l’hameçon
  c’est un simple hameçon, un bout de fer crochu, un machin qui devrait pouvoir choper son homme
  ou bien fouetter sa femme, travestir ses morbides pulsions
  en vagues promesse amoureuses…

  mis bout à bout, je ferais presque un homme
  avec une histoire tenant à peu près debout
  une entrée par devant, une sortie par le fond, ou alors sur le côté
  par le fond comme toujours, ou alors sur le côté, mais rarement par le haut
  pourquoi donc ai-je si chaud, j’étouffe de chaud, fait pourtant vraiment pas chaud

  il me reste quelque chose à manger, je sais pas quoi, quelques noix, un bout d’pain à manger
  un bout d’moi. j’écorne
  un bras de ciel et comme on passe d’un ennui post mortem
  dans le domaine sensible

  et cependant sous le masque il n’y a rien
  et rien c’est rien: un trou noir, une bouche en forme de cri ne portant pas plus loin
  ou encore le rayon lumineux d’un gyrophare pour éclairer l’néant…
  il faut bien ressembler à quelque chose hein, ou du moins se donner l’air d’être, quelque chose
  ou quelqu’un

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