de mort s’il ne s’endort

  prête-moi l’ombre, le taux d’ombre, l’amour sans le sport
  prête-moi l’abîme au creux de mon bras, mon bas, mon inconsé-
  quemment bas
  et jette le reste. allez vas-y jette
  le reste et on verra

  ta nuit n’est pas ma nuit, au cœur du semblable miroir
  tout noir est vraiment dur. vraiment dur quoiqu’
  il s’aplanisse avec le temps

  j’ai mal où tu voudras. en général
  j’ai mal où tu voudras mais pas à cet endroit-là, où précisément s’accumule
  le nulle part
  et d’où le nulle part rien ne renaît

  en chemin malfaisant, largué la bouche ouverte
  tu crois que j’y suis pour quelque chose or je ne compte pour rien
  pour rien
  pour trois fois rien. à sauts de puce. à faire le tour du quartier nord

  jamais je ne suis mort plus mort que mort de mes vies antérieures
  et là présentement j’ai soif d’un truc présentement qui n’obtempère
  on lui fout une balle dans le crâne, toujours rien – il n’obtempère
  les cheveux dans le flou

  seulement quand il ne dort
  le reste du temps seulement, quand il ne dort
  se tient debout sur son lit
  de mort s’il ne s’endort

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