mon dieu laboure d’amour

  dans l’ordre avec lequel j’arrive en tête, et je pourris d’la tête
  c’est parfois sans espoir, j’écoutant néanmoins, grincer
  les portes du silence
  du silence dis-je – de quoi d’autre les portes
  pourraient-elles grincer?

  sur la nuit cheval creux
  et il en meurt beaucoup
  il en meurt même tout l’temps c’est effarant
  effarant comme le temps se seconde, béquille en main,
  le reste à l’avenant

  quoi qu’on en dise, quoi qu’on y fasse
  quoique privé de conséquence et sans effet certain sur le climat
  il sera toujours
  l’heure de dieu moins un
  – or je fus ce un-là

  on a beau dire on a beau faire, on est quoi qu’on en pense, on est:
  le baptême du feu
  et on chante à genoux, mains sur la tête et le gland en cadence
  on chante comme si
  on n’avait qu’ça à foutre

  pas de racine en terre pomme de terre, pas de racine en l’air courant d’air: qu’une racine
  de cendre c’est navrant
  c’est navrant mais que veux-tu, que veux-tu veux-tu dire
  quelque chose ou alors
  j’hallucine

mon dieu laboure d'amour

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