la mule d’un destin

  si la mule d’un destin m’a mené jusqu’ici, un âne nu
  me ramènera chez moi, me déposera
  au seuil de l’oubli, la clé sous le pot de fer, ou de terre
  servant supposément à ouvrir une maison sans mur, sans porte ni toit – seules quelques fenêtres, flottant dans l’air
  ou se rêvant miroirs…

  humanité mes couilles. avec mon quignon de pain sec je suis allé retrouver mon pigeon
  il faisait parfois sa tête de choucas, mon pigeon, mais je faisais alors semblant de ne pas le remarquer, de crainte de le vexer ou par simple politesse
  le reste du temps se passait en ballades, subtiles nécropoles,
  en robes démodées que l’on caresse comme ça, à plat sur nos genoux…

  je ne vends rien. j’attends que mort se passe, en partie patiemment
  la nuit ne dure que jusqu’à l’aube. quelque chose pousse contre toute raison, irrépressible aberration
  on évite rues et trottoirs on leur préfère les toits, mauvais coucheurs
  mauvais coucheurs mauvais payeurs, on ne pourra se contenter
  ni du néant ni de dieu
  ni de dieu ni du néant
  non, c’est impossible

  les chiens ne me supportent pas – l’odeur sans doute, du néant ou de l’origan
  je m’endors entre leurs pattes ils m’ignorent, par principe. l’un finit par me lécher la pomme ou le fion, aucune différence selon eux. et si peu selon moi
  les chiens ne me supportent pas. et ce n’est que pour ne pas avoir à me dévorer qu’ils se sont résignés à m’adopter disons
  à m’absorber

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *