la vie sans marcher dessus

  près du pommier musclé, nos armes déboutonnées…

  le point G, de la mer en ce miroir
  est-ce moi est-ce ne pas moi, est-ce vous à l’envers, votre lèvre écornée
  d’un vulgaire baiser, la morsure à tout-va

  et je retournerai
  là d’où je vins donc ne vins pas je retournerai
  juste pour avoir le droit, moi aussi
  de mourir parmi des miens

  sans horizon, sans évasion autre
  que la douleur d’y vivre, de se lécher d’amour
  jusqu’à ce que ça gicle et même si, sans faire de bruit,
  ça gicle pas

  mes pommes sont tout’ pourries, mes pommes
  d’une grâce adultère – 
  elle se ronge les ongles, j’oublie
  à quel point ça fait mal

  je ne suis pas vieux, j’ai juste dépassé
  l’âge d’y croire, ou de ne point y croire
  neuf fois sur deux ou comment dire, comment taire
  la bouche froide

  rien n’est mort
  qu’on ne l’ait tué – c’est juste la tombe, la
  pissotière universelle, ‘un homme
  qui croit qu’il s’en tirera comme ça: mourir

la vie sans marcher dessus

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