pogoter dans la nuit intérieure

  j’ai rêvé quoi j’ai rêvé d’où je m’en souviens
  peu
  que malgré moi tu foulais qu’une à une les épines et ce
  malgré moi
  retirées, la cheville endolorie tu pleurais pleureras, qui pleurait
  pleurera
  j’ai rêvé quoi j’ai rêvé peu, somnifère en lisière de cons-
  cience ou d’ailleurs

  parce qu’une seule fois aura suffi tu ne retourneras
  pas tu lâcheras, là, ton manteau de trop et le torchon
  de jour, la maigre pitance d’un cœur on dit un cœur tout
  refroidi, parce qu’une seule fois aura suffi et ce n’est
  pas
  si pur que ça

  j’aurais aimé, j’aurais aimé pourtant t’indiquer le chemin du re-
  tour j’aurais aimé, j’aurais aimé pourtant chuchoter sous un banc les mé-
  andres afin d’y revenir et découcher une nuit, une seule , et justement cette nuit-
  là

  je change un pas sur deux, un pas sur deux c’est toi, la pluie par deux
  les mouchoirs me manquent, tombés sans toucher terre – un autre jour aussi,
  tombé pour rien, frôlé d’une apparence

  mardi sans faire de bruit, juste un saut en arrière , planté là dans le vide
  arrière.
  marcher pardi, marcher dehors, foulant les ombres aux pieds
  d’argile noire.
  mort et bien mort, s’il faut en croire, un cheveu sur la langue et de queue
  lasse au dortoir

  je t’aimais bien pour ça, pour autre chose aussi je t’aimais bien mais pour ça, notamment
  désormais qu’on se dise, se le dise ou qu’on le dise on n’a plus peur, des boîtes
  pour autre chose aussi mais il est tard, bien tard et bien trop tard, désormais
  désormais que tout s’éteint, se tait et tu respires enfin, le bout tout près
  du souffle

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