enfant les balançoires

  un jeûne, dont quelques croûtons d’arrache-faim. plus tu regardes les choses de loin plus elles te semblent
  petites, et inversement
  enfant les balançoires
  et d’abord vivre, pour quoi faire

  or je m’adresse à toi, d’où l’effet serpentin. l’ami de mon ami
  n’existe pas. mon ami n’existe pas. nous sommes morts
  depuis la nuit des temps morts
  on se bouscule, tels des pigeons se ruant sur des miettes de chaud
  mais tellement de chaud

  laisse-moi m’éteindre, laisse-moi
  mourir le long des notes, ne vide pas trop tôt
  l’eau tiède de mon bain. je m’appelle un jour sur deux, un jour sur deux m’abstiens
  de répondre – non par oubli : rien qu’une banale
  extinction de voix

  mon visage une flaque
  d’huile noire au milieu de laquelle surnage
  une paire d’yeux crapauïdes, immobile chahut
  c’est sûr qu’une rivière
  hante mes rêves c’est sûr qu’une rivière
  me coule sur le dos. en rêve…

  mourir quelques bornes avant saint-quentin, se sentir le poil
  durcir sous la gelée matinale. trop tôt descendu, jamais vraiment remonté
  la mort venue, j’ai marché de travers disons que j’ai
  marché en boucle. on ne rate que soi. enfin, ça ne nous
  regarde plus…

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