d’une incassable fragilité

  les hommes se sauvent, ils reviennent puis ils se sauvent – ils ont
  le feu au cul, châtrés d’un tel hasard

  les femmes accourent, elles ne savent où ni d’où elles accourent, sirènes sauvées in extremis de la noyade
  par un simple pêcheur

  j’ai peur pour vous, hommes et femmes, mais avant tout j’ai peur pour moi
  qui confonds les nuages à des yourtes rampantes, à des
  piétons moroses

  un homme sans suite, le pauvre jus d’un presse-bite – la vie sans un accord
  c’est mort
  c’est mort et ça n’en finit pas
  d’gicler

  j’ai peur de vivre, me sachant nulle part, ivre de lourds paysages, pneus cramant moelleux
  sur une rage d’août ou affublé
  d’un tout petit slip

  ma vie ne sert à rien – c’est la seule condition pour être belle
  pour être belle enfin, bouche collée à la bouche d’un fosse
  et m’écorchant l’organe

d'une incassable fragilité

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