cheptel

  pour ressembler à quelque chose, pousse-toi, allez, pousse-toi d’là
  recommande aux corbeaux et aux pies de te béqueter les globes et de leur chier dedans, ça fait
  l’écume quand on y pense, ça fait
  la gelée vive des morts et de tous
  leurs compagnons
  le mal-route, de triste oubli

  marcher
  devant – l’écueil du sans-relâche.
  qui vient donc sur ma tombe, éradiquer
  ces fleurs motus, ces bouches à décousu
  en bout de souffle un épitaphe, j’m’en tape – sais-tu,
  sais-tu seulement quel cœur m’abrite, quand rien
  ne m’abrite, même pas la peur du loup
  ou de la louve

  il faut quelque chose de simple alors donc, j’ai mis un paysage
  devant, là juste sous mes yeux – un paysage de pluie, c’est tout ce que j’ai trouvé
  et puis moi derrière, à faire un jour le chardon, un autre
  le garde-champêtre avec son épaisse moustache, sa nostalgie
  de clandestin

  nuit et jour la
  grenadine, grise et plutôt malveillante, on s’endort
  sur la paillasse d’un cœur creux on s’endort, c’est comme ça, on s’effilasse 
  j’ai peur de quelque chose quelque chose me mord est-ce que ce serait pas, par hasard,
  ta bouche, ta joue collée au nord, vitreux
  souvent vitreux?

  j’ai pas d’malchance, j’ai pas d’malchance mais ça m’tourmente
  veux-tu écrire une vague avec moi, comment s’écrit la vague, sans moi
  et même très loin de moi, de tout individu, d’un chapitre très haut tout en haut – d’un somptueux chapiteau,
  couvrant le vide, courant le risque
  d’y succomber

  il ne fait pas noir, il ne fait rien
  c’est ainsi qu’on s’y plait, ou pas
  si on s’y plait pas, fait pas noir pour autant
  mais rien, sublimement
  rien

cheptel

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *