même à fond dans l’expression, il faut sentir la distance incompressible qui nous en abstrait, l’absence à soi-même sous-entendant l’incandescence de la passion comme le fait d’un cœur mort
l’énergie ne s’appuie pas sur le moi mais jaillit spontanément d’un néant-en-tout-sens, ne dérivant d’aucun pressentiment
j’ouvre la vanne à la débâcle sans même présumer que se rejoindre puisse passer par se perdre – juste comme ça, fidèle à ce en lequel le hasard en tous et en personne aveuglément, évidemment aveuglément, obéit
on ne saurait cerner ce qui est sans contour, et ramasser une simple pomme ne peut plus se prétendre innocent
je garde l’allure d’un vif et le charme d’un veuf – comment concevoir le tout sans être rien soi-même?
je parle à mon frère et mon frère ne répond pas, il faut dire
que nous sommes la mère coupée en deux, cisaillée par le milieu, il faut dire
que mon frère se parle et se rêve à travers moi tandis que ce dernier, en quittant le navire
assécha toute la mer
il n’y a pas d’ordre. c’est à dire pas de préséance ni de hiérarchie d’une part, de l’un ne trouvant sa raison qu’en rapport à l’autre, et ne se définissant que par sa fonction ou position
et pas de somation à la soumission d’autre part, d’injonction assénée jusqu’à l’intériorisation de la contrainte non, il n’y a pas d’ordre – et donc pas de culture
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