je pars sauver mon âme
je sais pas ce que ça signifie vraiment, mais je sais qu’hormis ça, c’est de la merde
que de la merde.
de la merde ou le salut de l’âme, quoi que cela signifie
: je pars pour ça
indéfiniment je passe et je repasse là, où je passai à côté
de tout et de moi-même
je monte la garde où il n’y a rien à garder, là où tout se perd, et je me perds
c’est ma façon d’être fidèle, fidèle à la passion, fidèle
à la dépossession
un dieu pour ceux que rien n’a pu sauver. je voudrais suivre un tel dieu
qui ignore où il va, souffre très fort des dents, et puis qui ne sait pas vraiment qui il est
ni pourquoi
dans un sens comme dans l’autre
tant nous avions besoin
de nous abuser, de détourner le regard de ce qu’il n’y avait
pas à voir – notre refus de séduction, triste suicide tandis que l’on
aurait simplement voulu faire l’amour au vent ce jour-là
– où nul souffle ne ridait
la surface effarée d’un si pur
désespoir…
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