je n’ai jamais fait que me chercher des racines, comme quelqu’un qui ne peut s’y résoudre
quelqu’un qui, le poisson entre les dents, ne pourrait en supporter
des hommes n’ayant plus soif
des hommes que l’ivresse ne délivre plus, des hommes au seuil de vivre
– non, je ne suivrai pas
de destin parallèle
certains furent veilleurs, d’autres corps de dieu jetés en pâture aux instincts les plus infâmes
j’avais un semblant d’amour pour vous et de ma vie ne fut qu’un semblant
d’amour pour vous, de vivre pour rien
j’ai trouvé un bout de moi traînant là traînant las
je me suis dit que mieux valait ne pas tirer, mieux valait ne pas suivre
être perdu, je n’y puis rien
il y a la mort naturellement, pour faire de nous plus qu’une chose – un drame en l’occurrence
une tentative désespérée, un ultime sursaut
: la bonté malgré soi
j’ai peur de n’être à l’abri de rien
c’est cette peur qui fait de moi quelque chose d’encore vivant
de plutôt triste
– d’un deuil récurrent
il m’est impossible de vivre dans un monde de violeurs de belles au bois dormant
nos baiser ont la peau lisse, légèrement moite
des jours de pluie
je me suis tu, enfin
en homme ne se regardant pas droit dans les yeux, en tête qui louche
quelque chose de simple et d’essentiel, pas plus, me pensais-je
: baisé jusqu’à la moelle
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