irréconciliable

  la mort c’est dès l’berceau ma mère, la mort est dans l’berceau
  seuls les damnés seront pardonnés, les damnés et pas les autres – la mort c’est dès l’berceau ma mère…

  ça y est je l’ai quittée. à l’instant-même où elle consentit à la vie je la quittai
  l’univers entier ne tient qu’à un malentendu – le malentendu levé, s’effondre l’univers
  je ne sait pas combien de temps ça met à mourir. pas trop longtemps j’espère

  je ne suis plus que douleur, d’une douleur froide et implacable, d’une douleur sans odeur ni souffrance, et qui ne soulage de rien
  je crache même pas du sang. plus assez ivre pour ça. je crache de la merde de sang
  d’un dégoût hors norme, et d’un pardon si vaste
  qu’il s’abstient

  mon indéfectible amour de dieu – ma négation ne parvient pas à l’entamer
  et je reste là, comme un con, privé tant de la gloire que du soulagement d’un trop pur néant, dans la manque absolument, le manque étrangement
  comment la vie pourrait-elle me satisfaire? comment dieu pourrait-il me satisfaire? seule la mort m’arrache tout – les tripes avec le reste,
  et la mémoire en sus

  je ne suis pas aimable, je ne peux
  satisfaire à l’amour, aucun amour – je ne peux
  qu’aimer à vide, désespérément, désespérément à vide
  le reste du temps j’étais pas là. je faisais semblant d’être là mais j’étais pas là 
  jamais

irréconciliable

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