alléluia l’amour limpide

  en voie de, en voie d’im-, la personnalisation vois-tu
  d’être mort mais vivant, ou alors plutôt vivant mais quand même mort, mort et peut-être mort qui sait, quoique provisoirement respirant
  on s’attache les poignets et on s’abstient de respirer. on essaie de se toucher du sexe, de se nouer l’un à l’autre par tout ce ou le
  peu qu’il nous reste

  dieu se cambre. et dire que nous subissons tout ça
  elle pleure dans son coin. qui, elle ? je, tu, nous vous ils, il mouille sa manche, crame sa bille
  son stylo bille
  sa patience par les deux bouts
  j’aimerais tant lui sucer les seins, je rêve qu’elle me montre ses seins, des vrais seins
  on ne sait jamais. on ne sait jamais sur quoi on tombe, ni de quel côté on penche

  je me couche tôt. toujours très tôt. ça me laisse plus de temps la nuit
  je me lève tôt. toujours plus tôt. du coup je me lève seul
  seul entre en deuil – cette forme particulièrement pure de la joie
  je n’habite nulle part. au très cœur de ma chambre je n’habite nulle part. à nouveau nulle part. dieu trop grand ou trop profond c’est à dire moi
  trop petit
  tout en surface

  ce qui se passe après tout ne me regarde pas. et j’ai même cessé
  de contempler le paysage. de me dire allez bon ça va, et malgré tout ça va, que ça n’aille ou pas ça va, ça va pas et alors, et alors quoi
  un homme n’a que deux bras – un pour le verre un sous le coude, éventuellement la rixe
  un homme n’a que deux jambes, au cas où il se lèverait pour aller je n’sais où moi – quelque part en échange
  part en échange de rien

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