mal rompu
j’ai un peu mal aux g’noux, aux coudes, bref à tout ce qui plie
: je ploie du côté triste
l’amour pour prendre un raccourci, couper à travers champ,
le champ des clés n’ouvrant fu-
rieusement rien, connasses de clés
j’appelle, j’appelle à l’aide dans les créneaux horaires
le café froid de vivre, sans sucre, voire la main dégantée
tu m’aimes un peu quand même allez dis-moi, tu m’aimes un peu, parquet ciré
sol foulé, nerf défoulé
sur ce nègre en haut-lieu
mon dieu bénissez-nous, j’ai mal au trou
là d’où je viens c’est normal, on se pend comme crémaillères au cou
de maisons hermétiquement closes
les chiens font pas les chats etc
et mon cul, fait-y mon œil, oui ou merde?
debout de biais ou mal couché, j’insiste
tu vas pas nous crever la bouche ouverte, quand même
tu vas pas te doucher sous les regards gluants
je suis prisonnier de nulle part – j’escompte toutefois
en réchapper
cosmologiquement parlant, ça va plutôt bien dernièrement
je me suis échappée
d’un endroit volontaire
je cours je cours
sur l’envers à l’envers
le ciel miteux, le ciel glorieux, s’amusent à touche-pipi, à tire-pompon
– mais qui donc (μα ποιος; ) s’est entaillé les veines
avec une épingle à nourrice?

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