un poète s’est pendu, précisément à la longueur de corde manquante
on ne se vengera jamais assez de l’amour trahi (ou traître), ni sur soi, ni sur dieu
dès lors sommes nous en retard perpétuel sur la course du temps après sa propre queue
la vanité finira par révéler son secret, c’est à dire l’aberrance d’un monde sans mystère – brosse à dents d’une main
et tube atrocement vide de l’autre
un jour viendra, ou pas
la vérité dernière ne consiste pas en ce qu’il n’y en ait pas, mais en ce que le fait qu’il n’y en ait pas ouvre sur l’espace illimité ou elle cesse d’être nécessaire
un feu brûle à perpétuité – c’est d’un combustible dont je garde la nostalgie, en poumon calciné, fillette déracinée
ma vie ne tient que par un bout – l’autre lâche prise pour se fêler l’anneau, tout simplement l’anneau
à quel point l’amour universel découle t-il d’une désolidarisation aboutie, de ma gueule de travers
ça devient si facile de pardonner quand, déculpabilisant de mourir, on n’aime plus personne…
qui n’a rien à faire de soi ne perd pas grand chose à se donner – mais quand ne reste rien à donner et que le feu ressemble au feu autant que la cendre à la cendre? que vais-je donc devenir, ma mère?
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