dormir à plat, rêver en boucle

  au commencement était le temps, rien que le temps, béant
  et avant le temps: l’agonie.
  à l’intérieur du mort un noyau s’étouffait, il pensait se dégourdir
  les jambes.
  dans le cercueil, épars, nageaient les nénuphars

  je t’enculai sur le dos de la tortue céleste, je t’enculai dans la chute des mondes je t’enculai
  sous une pluie de neige vespérale
  je t’enculai et le silence ne broncha pas – ce n’est d’ailleurs pas pour ça qu’on l’appelle silence
  ni parce qu’il est muet

  je me nomme commun détour, et tu me bandes les yeux
  tu me bandes le visage entier, d’un revers de la main tu effaces mon sexe
  il va sans dire que je reste un homme debout
  même couché, je reste un homme debout
  peut-être parce qu’en moi un dieu naquit, pâtit, se fit hara kiri
  – les êtres ont survécu, l’univers a survécu, et je leur en sais gré

  on n’ira pas en vacances cette année encore
  nos infidélités tendent vers cet inoubliable, cet inexpiable dont on mourra plutôt que d’y renoncer
  même si ça se fait pas…

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