ras les gamètes

  tes courbes crient famine
  tu te prends à rêver que par tes veines à sec
  remonte l’océan, jusqu’à réamorcer
  la source, regonfler
  un dieu à bout de souffle, recoudre
  un christ éviscéré

  collectionner les balles dans le dos, sur la nuque un seul doigt
  crissant jusqu’à l’amour, ses retombées
  rétroactives 

  je voulais vivre à ta convenance, le doigt dans l’trou et la tête de travers
  vivre pour rien et après on verrait, la porte hermétiquement close aux possibles
  ainsi qu’à tout esprit
  de rétorsion

  un destin, un vrai, regarde passer les avions
  à sa hauteur les bombes
  tombent en apesanteur, suspendues à leur inefficience
  quel sens, d’à tout prix préserver en soi ce côté désuet qui nous tient lieu d’ombrelle,
  d’ambre tristement
  lunaire

  les larmes ne nous consolent plus, ni les cris ne soulagent
  si n’était immorale l’innocence nous sortirions pisser dehors, tempête ou pas, le long du premier mur venu
  le long du mur dernier
  du mur à perpétuité 

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