lassé tant de soi que du mépris de soi

   t’avais la rivière et t’avais mille petits poissons, qui ne manquaient de rien
  un homme sur le pont ce n’était pas le pont mais un homme, sur ce pont
  et qui manquait de tout, les poings si frêles dans leurs immenses poches
  t’avais la rivière et t’avais rien du tout, l’inemploi du temps faisant l’aller, retour

  couche-toi tranquille le long de moi et ne m’apparais plus. ne m’apparais plus, s’il te plaît
  c’est un éventail de cartes postales – on y entre comme on en sort, balle perdue dans la propre cervelle
  si j’étais mort je ne serais pas mort, et je ne serais pas là, n’y pensant plus  si j’étais mort non plus, j’en serais pas là

  il y a un homme qui ne dit rien, simplement qui se taisant dit qu’il ne dit rien, et qui le dit quand même
  se taisant.
  il y a un homme qui se tait, quoi qu’il dise il se tait, c’est noctambule. il a beau dire il sait qu’il ne dira
  jamais que rien.
  il y a un homme comme ça, juste pour rire, sauf que ça ne le fait pas vraiment rire, ni personne
  en l’occurrence.
  disons qu’il n’y a pas d’homme.

lassé tant de soi que du mépris de soi

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