sommeil défunt

  n’importe quoi nous sauve. n’importe quoi flotte, d’une pression nous maintenant la tête hors de l’eau, et non précisément par compassion

  une toute petite voix m’assure que seule est nécessaire la pitié, tout comme il s’avère indispensable de la fouler. d’un pas léger d’un astre mort m’élançant, j’enjambe ma propre déchéance

  des taupinières, partout dans mon champ des taupinières. je n’arrive plus à être malheureux, pour une raison qui m’échappe évidemment, mais se raccroche au lien unissant ces deux axiomes clandestins

  une tension émotionnelle plutôt basse, conjuguée à une teneur en conscience suffisante à détacher celle-ce de son volatile contenu, son trouble cours, mais pas au point cependant de les dissoudre en son anonymat. bref une indifférence sensible, un désespoir tranquille – le maillot jaune de l’insignifiance

  parfois je doute. parfois je guette la résurgence ex nihilo d’une absence dévolue
  et parfois simplement je dévie, je dévie simplement

  on reste sans nouvelles d’un homme-et-des-poussières. ainsi donc je te mets à contribution, pour frotter le miroir sans en griffer la joue, en érafler la bienveillance innée

  et que veux-tu que je fasses de la poésie, de la rage (l’œuvre et la douleur) ou autres frivolités? je survis à moi-même c’est tout. il suffirait même de bouger les bras pour paraître nager, tandis que je n’aspire en fait qu’à la pureté de ce qui n’existe pas

  je te disais couche-toi là et toi tu te couchais là. c’est quelque chose que je n’arrive toujours pas à comprendre: tant de rébellion dans cette obéissance …

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