un homme ne s’ennuie pas – il en fume une avec sa clope

  le noir propice à la prolifération des monstres issus de mon esprit
  l’esprit vide ne produit pas le noir, ne perçoit pas le noir – l’esprit vide se révélerait-il vide d’esprit ?
  caillou dans la godasse, marche forcée, aboutir quelque part n’est ni dans ma nature, ni dans mes moyens

  je ne regarde pas à droite, je ne regarde
  pas à gauche, lorsque je traverse la rue je n’imagine même pas
  une autre rive. on ne traverse pas le néant on n’en-
  jambe pas le néant – on y coule, jusqu’à ce que ne reste en nous, dépossédés,
  rien qui puisse encore résister à dieu

  un chameau s’est faufilé
  dans le chas d’une aiguille et rien ne s’est passé, caresse-moi la tête
  le tête au moins, suivra le reste, le reste au moins, et ce ne suivant pas
  prendra une voix de gps, on l’appellera valérie
  valérie c’est rassurant

  ligne de vie, chemin pliant, je n’invente vraiment rien
  je pleure par à-coups, je bois à petits coups, je suce ça une langue
  une langue pêle-mêle
  il n’y a pas de valise pour ces menus maux-là, pas de souvenir non plus
  pour ces non-évènements

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