un souffle
au ras des pâquerettes, un souffle
qui titube en quelque sorte, et de mauvaise haleine une teub
qu’éjacule à côté, qui rate son coup, un coup foireux en quelque sorte
en quelque sorte
un souffle ras
un homme c’est un homme, mais si on le réduit au peu qu’il en
reste une fois ôtés ses attributs, démis de ses fonctions
relevé de toute identité, déchu de l’ange et de la bête
et sans miroir autre que celui maculé de sa propre conscience, radeau de la méduse
alors un homme ainsi violé, humilié et nié
n’est plus qu’un homme enfin, n’est plus que l’homme: l’oiseau arraché
à sa croix
j’ai pleuré sans sommeil, j’avais pas soif, pâteuse
j’avais pas soif non plus, ni sommeil entre deux bruits
ce sont des choses qui glissent entre les doigts, qui tombent du bout d’la langue,
une fille qu’on embrasse quand elle ne s’y attend pas et qui reste pantoise
indécise face à l’éventail d’émotions et de réactions ouvert par ce suicide
buccal
je ne suis là que pour m’en échapper, et seule ma fuite fonde le lieu, le baptisant d’un anathème
je voudrais incarner autre chose que le souvenir de moi-même si possible
entre toi et moi désormais ne s’interposera plus
l’ombre d’un baiser, avec ou sans les poils
elles sentent la morue mes mains, ou bien est-ce ton sexe
on y repêche n’importe quoi on dirait la meuse à liège – c’est pas au bord de la mer liège, dis-donc
on est au bord de nulle part, juste là, tout au bord
du bord et même un pas
plus loin…
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