je place un vide au centre de la chambre et je le laisse grandir. simplement je n’interviens pas
il pénètre et absorbe peu à peu toute chose, il s’installe. il se découvre en tout parfaitement égal à soi-même
je ne prends pas parti. le vide s’emplit de vide, l’absence
comble l’absence
la sainte souillure
on écarte avec les doigts, la purulence. une voix ne s’accorde pas, soyons la désuétude. grouillons d’éternité, se singe t-elle
quelqu’un passe, repasse. quand la souillure s’identifie à la sainteté et qu’un homme réalise son axe dans et par la chute – quelle douceur de planer pourtant, rien qu’en étendant les bras et en se résumant à l’oubli de soi quand on y pense
quand on y pense vraiment
l’échelle s’avéra (trop) courte
il n’est plus lieu, ni temps de souffrir. quelque chose qui ne fut jamais fermé ne s’ouvre pas c’est tout. une mer morte en somme
quelques mots nous échappent, on s’évapore en chemin – on ne fait le chemin que pour ça. et puis pour rien aussi, c’est à dire avant tout pour le chemin et même pas
qu’une jambe en avant refoule une jambe en arrière
on postulait que souffrir ne ment pas, que mourir nous dénude. on ne se méfiait pas
quelle urgence reste t-il. en quelle posture d’humilité me trouveras-tu au matin, grisé de la seule nécessité de se quitter
comment nous perdrons-nous, qui ne sachons commettre un seul pas de travers, un seul saut hors de soi
qui nous rêvions à bout portant
ne pas donner suite. rien ici, et maintenant.
quelqu’un dépeuple. la perte s’atténue, à mesure que l’on cesse de s’accrocher à soi
le corps manque, de chuter: sans poids, hors masse, la gravité ne l’étreint pas
l’absence de dieu lui suffit. à qui – à dieu? au corps? ou à l’absence tout court?
j’augmente la mort, mais ce n’est déjà plus la mort…
j’escamote ma fragilité. je n’ai pas pris rendez-vous je suis venu comme ça, comme on s’en va. ou comme on sent poindre en soi
l’absence d’obscurité

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