j’ai l’âge du temps

  elles ne disent rien
  elles ne font rien
  elles emboîtent le pas

  elles sont
  si fragiles en dedans
  on n’arrête pas
  l’hémorragie 

  l’oubli leur survivra

     

  d’une transparence 
  inquiète
  et le sein flageolant

  l’ennui rabotant
  la douleur
  toute douleur

  j’ai l’impression qu’elle nage
  en libre chute, qu’elle rase
  un mur

     

  la petite horloge
  ou le panier percé

  on y jette
  un électron

  en ressort
  la fusion, un jour creux

     

  je casse un noix
  tu brises
  un verre

  à la marelle un homme meurt
  on devra
  le soigner

  par où je vais tu vas
  dans l’autre sens

     

  un lierre
  lui pousse au dos
  après tout c’est un jour
  comme un autre

  elle ferme les yeux

  se répète tout bas
  après tout c’est un 
  jour

     

  extrait
  d’un ventre amoureux

  : une fable, un horizon
  noueux

  sur la grève un esprit
  parallèle

     

  une fois la joie montée
  une fois le rumex
  arraché

  s’adosser à un mur
  n’importe quel
  mur

  n’attendre rien
  lequel
  ne vient pas

     

  il faudra s’écarter, il faudra
  renoncer

  ou par-dessus la barrière
  sauter, se remémorer
  l’avenir

  mourir à genoux dans un champ
  où rien, à l’infini
  ne pousse

     

  j’ai pas peur

  juste ce qu’il faut de jour
  pour écraser d’un contour
  une vie, ma vie

  un cercle
  sans circonférence
  ne roule pas

  : il rembobine 
  une vie, ma vie

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