en poussières d’homme et tu souffles dessus. voilà

  mon dieu que ça fait du bien
  d’être l’enfant de personne
  d’être à la ramasse totale, ne plus savoir, ne plus
  pouvoir dire merci
  d’être enfin tellement rien
  qu’on a plus honte 
  de rien

  je suis là par hasard
  disons que je passais par là, pure coïncidence
  j’ai la mort devant moi – à vrai dire je n’ai que ça
  derrière moi également: elle me fait la grimace, la petite garce
  fouetter la petite garce
  lui faire cracher l’morceau
  elle me hait, et moi je l’aime bien pour ça
  entre autres

  dieu ne m’a pas prévu – du moins je le refuse
  c’est donc lui le suppliant, lui qui m’a trois fois perdu
  il toque à ma porte, il me tend sa besace
  il pleure, il geint, il implore mon pardon
  et moi j’ai pitié – j’adore ça
  je lui file mes pièces jaunes et le renvois à la rue, aux puces, aux rigueurs hivernales
  je me retiens juste d’éjaculer
  sur son carton

  je t’ai embrassée
  sur la joue, je t’ai enculée
  par la bouche, alors tu pourrais
  me dire nique ta race fils de pute, macédonien de merde, suce-toi les couilles eh pétale de rose
  mais tu ne dis rien, tu restes polie, tu te contentes de jouir alors que
  je t’ai même pas touchée…

  sous l’aile du corbeau
  titube une haie
  d’arbres déguenillés
  on se croirait un dimanche mais non, c’est juste
  le rabot du silence
  sur la plaine mouillée…

...

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