je n’en rêve pas, inutile de couler lors de piscines bondées, voire de gares vaugirard

  on traîne une soif avec soi
  on l’emmène partout, partout
  c »est de l’enfantillage, je sais
  mourir de soif ça c’est grave
  avec tout ces robinets

  on part de zéro pour arriver
  à rien
  entre-temps l’infini nous sourit
  et mouille
  – c’est là qu’on chope la chtouille

  étrange nuit du chauffeur debout
  et qui arrive à pied, toujours à pied
  et seul, seul ente le mur
  et la nuit, la nuit parce qu’il fait nuit, dedans et tout autour
  de ce chauffeur debout

  j’ai pris froid à la tête, ou l’esprit congelé
  je ne sais plus souffrir
  j’appelle en vain, seul le vain
  me revient en écho
  en écho

  sur la neige j’ai posé mes deux mains, à plat
  et j’ai pissé dessus – mes mains, la neige
  on peut croire qu’il s’agit d’une solitude sans borne, on aurait tort
  on aurait tort au moins
  une solitude sans borne, d’y croire

  j’aime pas manier la pelle
  le trou aussi j’le fiche en l’air
  je n’aime plus rien
  à la pomme de l’arrosoir, j’arrose ça
  ces graines mortes dans un sol stérile

  une histoire de miracle
  on s’y attend même pas
  on regarde sa montre machinalement, et tout à coup la pluie se met à tomber
  on ne demande rien, on lève la tête, on boit
  on boit, c’est tout

...

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