morte tête

  les oiseaux meurent. tout le temps que je passe avec eux, les oiseaux meurent ils, je
  ne savons que faire d’autre. cet après-midi par exemple ce furent deux corbeaux que le destin – le destin évidemment – avait posé là, à deux pas de ma tête, légèrement sur le côté

  un seul jour le sommeil, il ne pensait qu’à soi. en toute impunité, il ne pensait qu’à soi
  le monde se rattache à quelque chose de prudemment méchant – une racine qui déraille, une corde à nulle part pendue…

  j’arrive toujours en avance aux rendez-vous – non par crainte de les manquer ou d’être en retard, mais pour poser un vide qui amortisse le choc évènementiel
  Nîmes contre son camp. faute de mieux, je recrache le vide

  tant que le chien est mort, il ne parle pas. et ce qu’il ne dit pas résonne en ma pensée
  ceci expliquant en quoi ma pensée se résume à un aboiement sec, un muet crépitement

  je ne le deale pas, j’arpente le vide, le vide par excellence. on ne va pas
  s’arrêter à dieu, tout de même…

  de banc en banc le poisson sous la pluie
  déporte son
  immobilisme

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