où ça mène, dis-moi seulement où ça mène – moi je ne leur dirai rien

  zazen fond dans le beurre. tandis que moi te fais-je l’amour à reculons. et si je ne fréquente d’humain que des femmes humiliées, c’est que je n’accède à l’innocence qu’en tant qu’objet de leur rancune et de leur pitié. zazen fuit tout l’monde

  lorsque la main te lâcha, il t’a fallu tomber. c’est fatal. j’ai trouvé un homme qui n’avait plus rien d’autre à faire qu’à sourire. tout le reste s’était effondré autour de ce sourire, en bris de verre en lames de fond. alors je déracinai un arbre mort et le lui enfonçai en entier dans le cul. pour lui apprendre

  il y a une fraternité, sous les obus. par exemple tout le temps que je fus SDF, personne ne m’a demandé pourquoi. je me souviens juste d’une femme qui pour toute aumône me rétorqua que les hommes qui lui parlaient d’argent ne l’intéressaient pas. et des rats

  on est tellement mieux sous un toit à happer crus des papillons.  » les couleurs de l’automne sont vraiment splendides, en cette saison ». un homme me tranche le bout en hurlant j’aime pas les pédés mais je suis pas pédé, monsieur. c’est pas grave, haussa t-il des épaules – et il avait raison

  zazen me bouffe dans la main, c’est pas donné à tout le monde. christ me crache dans la main, c’est de ça que je me nourris. on ne crève pas tout à fait de faim quand on a faim de mort à tel point
  qu’on s’en souvient plus, qu’on sait même plus par où on est passé
  pour en arriver là

  toute cette méchanceté qui sort de moi, par tous les odieux trous, je la promène en poussette je la change, la couve affectueusement. on ne sait jamais qui s’envole avant d’avoir tiré son coup, de fusil sur l’étang, Prespès sur le dos, ma tendresse ex æquo – je voudrais bien savoir comment tu t’y prends, toi,
  pour ne pas me, te, se haïr…

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