un étrange bestiaire. ce qu’il reste de nous c’est nous, au centre d’une inaction

  les paupières au billot, tombent les masques
  une fois la baleine écaillée, il faudra l’étriper
  mais cela ne lui fera ni chaud ni froid rassure-toi
  : entre elle-même et l’eau le rêve
  a remplacé l’ennui

  j’ai peur
  je me raccroche à tout ce qui passe à ma portée: un poisson
  pour ne pas me noyer; un couteau
  pour ne pas me blesser; un vieux pneu
  – je n’ai pas l’innocence de vivre

  je n’aime pas les hommes. je n’aime pas les femmes
  je pisse à bout portant sur tous les enfants
  en moi tous les enfants pullulent, hululent 
  me disloquent l’anus
  parlent un étrange langage…

  je tends la main, un chien me mord
  j’ouvre un œil, une poule le picore
  je sais qu’à la fin la lumière brûlera jusqu’à la dernière larme de mon corps
  m’absorbera tout entier et cette délivrance, cette infinie jouissance
  signifiera mon ultime douleur 

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