cache-col

  je veux bien d’une joie qui retombe en poussière mais j’attends autre chose, et ce que j’attends là ne sort pas de l’attente, n’épargne pas son trou
  un jour découle de là, puis un autre, un autre encore, l’un se puisant de l’autre, toujours du même jour criant en soi la clarté sans fin de l’illum-inné, du moins j’espère

  je ne travaille de nuit que de jour – la nuit je reste assis, assis seul dans le noir, déployant l’espace indélébile que le jour ratatine
  l’amour près de chez vous vous montre ce chemin, et vous indique la direction dans laquelle se rate une vie mais c’est chantant qu’elle coule, ou dès lors se fredonne

  et si tu laisses gicler les glandes, et se déshabiller; si tu daignes arracher à ton immobilisme grèseux, morbide, scabreux ce sourire désolé, saches qu’un râteau ne courbera l’échine, ni le vent ne s’essouffle
  : il dort en soi c’est tout, comme tout ce qui repose au fond sec d’un être qui n’a plus soif, ou dont la soif ne sait plus s’étancher, et se résigne un peu…

  une place m’a dit ça, elle tourne en rond. en rond et au-dedans mes amis m’ont mouillé, heureusement que je n’ai pas d’ami. ils m’ont vilipendé,, séquestré les anneaux, sachant que sans anneau je ne puis rien accomplir
  de retour chez moi une place m’a dit ça. chez toi c’est donc là où chez toi n’est pas, jamais ailleurs. où personne ne m’attend j’ai réservé ma place, elle tourne en rond

  elle touche en moi une corde sensible: celle qui ne dit rien, ne crie pas, s’en remet à demain. c’est pas pour rien qu’on ne l’évoque qu’en se raclant la gorge
  de tout temps en tout lieu je fus ce gars joyeux, cet abject gâteux qu’aucune sœur ne mange, cette traînée de boue juste sous le genou, dégoulinant d’la cuisse, cet essor sublime – si tristement sublime – probablement destiné à l’illustre désastre, non mais dis donc

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