l’amour chien

  ils me disaient toujours, blanche ton œil – et je blanchais mon œil
  ils me disaient toujours, range ton bite – et je rangeais mon bite
  ils me disaient toujours mais ils ne me disaient pas car je
  ne les écoutais pas. j’écoutais la voix, la voix pure atonale
  sans mot, sans joie, message ni adresse, la voix
  la voix moyenne, mitoyenne, inessoufflée

  quelque part un pont s’effondre. il est en moi
  en moi repousse l’espace vacant, la bruine des lundis matin
  il faut au moins le rien pour supporter cette pierre qui coule, la prendre en soi, en absorber la chute
  les vacances au lit, toutes les vacances, en un seul et même lit

  on essaie pas de savoir. on ne veut pas recevoir. la nuit parfait outil. l’horizon tous azimuts
  je m’habille. je me
  déshabille. ce que l’histoire ne nous dit pas creuse un peu de cette inconstance obstinée, de cet amour bâtard

  il n’y a rien là. on n’y voit rien. rien ne s’y passe et c’est tout comme.
  un fond de vin
  nitrates
  et l’amour chien

  j’ai mangé mon matelas
  j’ai mangé
  mon matelas
  puis me suis allé promener
  sur le môle.
  défaite. grande ou petite défaite
  à laquelle on survit, accessoirement

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