exister me laisse perplexe

  l’homme évidemment, une fabrique à destin
  beaucoup d’entre nous cependant descendent encore là où il n’y a pas d’histoire
  où vaque un temps sans dent, et l’action périclite.
  les arbres prennent l’air, l’air aussi prend les arbres – chacun finit par y trouver son compte

  apprends-moi à être sincère
  c’est le genre de chose qui justement ne s’apprend pas j’imagine, mais tu saurais comment
  j’imagine que tu saurais comment
  comment s’abandonner, comment se piquer aux chardons ou pleurer aux oignons.
  admettons pour une fois que l’ignorance ne soit la condition de l’innocence, mais que celle-ci au contraire couronne l’expérience
  ou du moins une certaine patience…

  je vis d’une désinvolture crispée.
  on peut vivre même avec son passé quand on se noie la dernière chose à faire c’est de se débattre mais quand on se noie pas?
  quand on se noie pas, qu’on se débat de toute son impuissance et pourtant rien, pas une goutte d’eau, pas une cuillère où plonger perdre pied se rendre compte enfin
  qu’on a vraiment existé, que ÇA existe – que quelque chose purement est

  des voix de gosses qui jouent dans l’eau derrière la haie, émergeant sublimement, quoique tout à fait simplement,
  du néant.
  et ça leur semble si naturel qu’il doit bien y avoir une nature, c’est à dire un lien nécessaire et évident entre le manifeste
  et l’inédit, ma belle jambe…

exister me laisse perplexe

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