contrefroid

  le ventre vient le ventre. après le ventre les odeurs
  toute odeur
  si l’on se retire tout au fond, tout au loin, tout au fond ou tout au loin, que trouve t-on ?
  friches, jachères, landes sans maître – revient le ventre, l’obsédant

  il me manque un oursin – un ourson plus les pépins ? qui ne pense rien s’abstient
  le tout peut-il s’abstenir ?
  j’me déguise en père-noël, j’distribue des faux cadeaux – le père noël
  n’existe pas, et pourtant je suis bien là, crevant l’évidence

  tout doucement sans faire de vague, à peine vaguelette
  devant dessous trou à fusion, à profusion, lumière intacte
  j’assimile un destin, autrement dit le fait
  de ne rien signifier

  nuit tant qu’elle tombe. je me parle en mi-tons, à mots couverts tâtant l’impersonnel, testicules en retrait
  mais quand bras grands ouverts, berceau tranquille, berceau magique…
  la peur meurt avec moi

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