l’amour a fini par lui mordre la cuisse

  mourir ne me mangera pas en entier, mais j’ai su quoi?
  il y a un tour qui tourne sur le socle immobile, quelqu’un qui jouit tout seul par le détour de l’autre
  et personne pour éteindre tout ce beau

  mon téléphone ne marche pas, ni le reste
  du mieux qu’il faut j’ai pas compris, du mieux qu’il faut je suis en paix
  avec j’ai pas compris
  mon cœur bat encore et quelque part l’infini
  se réduit à une caresse sous les couilles

  un jour je ralentis
  comme si on allait voir ailleurs, comme si on pensait qu’il faudrait bien finir
  par devenir le frère de soi-
  même ou bien d’un autre, qui n’irait ni plus vite

  une fois que c’est beau, le reste
  importe peu, juste le peu qu’il fasse beau, qu’il pense aussi dorénavant
  à marcher devant soi, assis couché debout mais
  à épouser la courbe, envisager
  quelque lointain déjà qui s’approche ou s’éloigne au fur et à mesure
  … de quoi, au fait?

  des kilomètres de chute me séparent de la vie
  ce qui différencie dieu du néant c’est la voix, c’est juste
  qu’il me parle ou plutôt
  que je lui parle, ou que je parle
  à ce qui le cache là: une touffe de poils, un regard très triste, si triste
  qu’on ne sait pas pourquoi il vous voit même pas

  le lendemain j’eus affaire à une grosse, mais vraiment grosse
  violente averse
  il pleut dedans mon dos c’est vrai, il me pleut en pleine face
  mais par-dedans l’intérieur ou je ne sais où, d’où, c’est sec
  archi-sec
  et je ne comprends pas cette soif-là, cette étanchéité, cette démangeaison que ne soulage
  l’ongle d’aucune eau

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