sulfites

  car ce n’est qu’en disparaissant à jamais que nous réapparaîtrons pour toujours, paraît-il

  un linge qu’on essore

  j’ignore l’errance. le sable buveur de pas
  à la lèvre ébréchée 

  nous ferons comme s’il n’y avait rien, n’en croyant pas nos yeux, écorcheurs de nuages

  cela nous laisse un temps; un temps ne laisse rien – pas la joie pas la peine
  d’insister

  par ailleurs plus une goutte de fleur aux lilas sur fond gris (un mur en place a pris racine, littéralement)

  je m’appauvris en soi, en si en sol. je m’appauvris en celle

  le grain mélancolique qu’on picore tous les dix pas. ou, selon la version longue, quelle herbe
  rumine t-on?

  tu voudras bien me laisser mourir de faim au creux de ta main vide? m’éclaircissant la voix me nourrir de faim?

  monter à l’échelle d’une chute si raide, ou même à faire semblant?

  car ce n’est qu’en disparaissant à jamais qu’on se retrouve, tout chancelant
  entre un ciel en sursis et la boue des douleurs

  – coquelicot, gentil coquelicot madame…

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