l’effroi venant de loin
je me suis lâché la main
et quand je serai mort, est-ce que tu me berceras de ta voix mélodieuse, mélodieuse ou éraillée?
est-ce que tu crois que se pisser dessus enlèvera la peinture, et que tu n’auras nulle raison de vivre enfin?
la javel d’un sourire côté nord, n’en viendra pas à bout
l’instinct de l’extase et celui de la mort c’est la même chose. et si je me trompe c’est pas grave: la mort de l’instinct m’extasie
l’extase de la mort m’éteint
comme si cet univers avait été créé afin que j’y sois triste, que j’en distille la tristesse
toute l’élégance du deuil. un peu comme ce mendiant à la sortie du lidl, les yeux cernés de noir ou même, à l’occasion,
éjaculer en plein pardon
une croix. comme s’il existait un poème anodin
comme s’il existait un être que personne n’eut jamais regardé
une pomme pour les oiseaux, les vers et les mulots
tu ne me dis plus rien. tu ne m’as jamais adressé la parole. tu n’as fait qu’en mes yeux
te regarder passer…

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