le plein sommeil des urnes

   mais je suis devenu homme, et je n’ai plus les dents de mordre

  car si le dieu s’incarne, l’homme quant à lui résulte d’une désincarnation – il a simplement oublié de’ s’endormir
  au bout du troisième jour

  il a posé les mains sur la kaaba intérieure, l’œil noir de l’être, la béance béante, il a bougé le pouce

  je voulais connaître l’art de m’arrondir or me voici le sexe mou, crucifié à l’ombre d’un nuage par les clous du plus pur

  des hasards, oh mon père…

  une fois résolue la question (il suffit après tout de ne pas se poser la réponse), j’ai dit je t’aime

  à la première venue, moi le dernier
  parti (je fus cette équation)

  et j’ai gardé l’impression d’avoir ma vie durant sodomisé une vieille (blanches soquettes, croix de baptême), jusqu’à ce que lui en tombent
  toutes les dents

  ce ciel gris. j’adore ce ciel gris

  depuis le commencement, le tout commencement
  qui n’a jamais eu lieu, qui n’existe pas, par conséquent
  je suis, je suis
  sur la route du
  retour

  qui jamais n’aboutit c’est la merde
  qui jamais ne parvient c’est l’ déluge
  et me laisse perdu, baudruche
  perdu et orphelin

  sur la route d’un éternel, et vain
  retour à rien, putain –
  jolie
  putain

le plein sommeil des urnes

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