l’instinct d’elle

  seigneur ne me parle pas sur ce ton-là, tu sais bien que j’aime pas ça alors arrête – achète-moi plutôt un koulouri et laisse-moi
  vagabonder

  oui laisse-moi

  vagabonder

  c’est le précieux dosage en elle de retenue et de générosité qui me bouleversa – je la trouvai si poignante

  je l’avais rencontrée au hasard, ou peut-être par hasard

  le jour d’après franchement, je me disais: l’instinct d’elle

  j’aimais forcément quelqu’un, voire quelqu’un d’autre
  avec la mer au milieu, la grande menteuse – et je sais de quoi je cause…

  qui sait de quoi il cause? la littérature ne commence t’elle justement là
  où les mots renoncent à agir o corps à corps
  sur le réel?

  o corps à corps
  – es-tu réelle?

  fiche-moi la paix seigneur, tu me harcèles tu me harcèles
  avec ta mort triste figure, scabreux chantage
  et chaque pelletée, de tout amour, or chaque jour,

  je viens te déterrer, ressusciter, t’claquer la bise

  et crever le cœur haut – que dis-je?  le cœur nabot 

  et calquer le déluge, copine-tourniquet
  sur la peau de mes os

  puis sombrer parmi toi, triste figure, o
  figure si triste

  du néant

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