délocalisation du paysage

  tu me parles oui mais moi je ne te parle pas. tu me regardes mais moi je ne te regarde pas. j’ai du muet partout dans mon corps et je ne comprends pas – je refuse
  de comprendre quoi que ce soit

  le mort n’est pas mort de porter tous ses os sur son dos : le mort est mort, étrange banlieue, de s’être vu tel qu’il est dans le seul miroir que rien ne brise

  il y a tant d’heures et les heures ont passé, on dirait qu’en chaque pas s’effondre le héron. tu ne me reconnais pas et c’est tant mieux, si las je suis de ces allers-retours entre Gijόn
  et le lilas

  la moitié d’un corps double ne me suffirait pas – je vogue au large de moi-même, respire en marge de mon propre poumon. le néant ne résonne pas : lui manque en effet
  un mur où rebondir

  la Llorona dort de mon côté. elle pisse dans son sommeil je dois tout essuyer. la rue sans fin, la rue sans moelle, et mon sursis fragile emprunte. la Llorona dont rien ne sort, il vaut mieux s’enfoncer maintenant…

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