elles manquent d’innocence, les innocentes

  j’aimais les hommes avec deux heures d’avance, et qui ne savent qu’en faire
  tous les jouets du monde je leur ai sucé la queue, et dans la bouche des femmes ai-je craché ma langue
  mais j’avais dès avant perdu ce que je ne retrouverai jamais, ce n’est pas une excuse j’en conviens

  je ne suis pas le héros de ma vie, juste un point perdant appui, le bout cramé d’un mégot de fortune
  il n’y a pas besoin d’avoir commis de crime ni quelconque saloperie pour se savoir impardonné, et on savoure ça comme un vrai milk-shake à la banane , sans la banane ni le lait
  rien qu’un crevé qui flotte

  et les termites dans la croix elle font un bon boulot. les femmes à la basse-cour dans un monde saint-tropez-la-bascule, une vie après la vie tandis qu’une seule gentillesse, une seule, une seule gentillesse rachèterait nos basses turpitudes, notre épique impuissance

  une fois on n’est pas mort, on a juste ouvert le robinet à temps et on s’est moqué de soi
  on aurait pu dire comme ça ça va, mais en fait ça n’allait pas, en fait on marchait sur la merde avec l’air de qui accomplissait là un miracle
  alors que vraiment c’était pas un miracle

  il reste si peu de temps, l’éternité pourtant – un suicide exemplaire
  tombé du nombre impair, courir jusqu’à l’épuisement ou se contenter d’une impasse, ça dépend
  ça dépend du temps qu’il fait, et d’autre chose encore on s’en doute bien
  bien qu’on s’en foute

elles manquent d'innocence, les innocentes

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