je n’ai plus envie

  seigneur du doute, seigneur aux grandes oreilles, seigneur
  aux oreilles qui saignent

  marcher, marcher, jusqu’à trouver
  un lieu où s’asseoir, se disculper

  une autre vie ne suffit plus, ni davantage la folie
  la mort n’est qu’un début

  je flotte dans
  mon lit de mort
  mon sommeil de cent ans
  mon linceul mité comment s’avouer
  qu’on aime un trou ?

  l’orée du bois
  n’aura pas lieu – elle se dandine à proximité
  des grands baisers manqués

  dormir debout, s’étendre sur le vide, appuyé contre sa propre
  colonne vertébrale, avec les doigts bien enfoncés
  dans les trous de l’adieu les trous
  monumentaux

  aspirer tout un écran de fumée, avoir tellement mal qu’on ne sait
  plus par où commencer à souffrir, ni dans quel sens la fin – abandonnant
  le tout au rien, récapitulant
  dans un dernier sursaut la main, les lignes obstruées
  de la main

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *