une forêt sur le dos, j’avance. toute une forêt sur le dos, j’avance quand même
je lève mon petit doigt mon petit doigt me dit rien. coi
c’est peut-être aujourd’hui. ou peut-être un dimanche… sacrée valse du temps, va!
que ceux qui ont quelque chose à dire ferment la porte derrière eux et qu’on n’en entende plus parler
ici règne le silence d’un jour sans joie. on béquette le pain perdu d’un jour sans soif. on parle pour rien et on dit rien
ici. c’est à dire nulle part n’importe où
on a crevé ma vache. qui donc? la mort. la mort a crevé ma vache
le noir et le blanc commencent déjà à fondre, à se confondre, bref à s’emmêler les pinceaux
c’était une vache éternelle pourtant. elle allaitait dix mondes entiers. et avec ça jamais un mot de sexe
ça sert à rien de pleurer maintenant. ça sert à rien de chanter non plus. ma vache elle est crevée
le vent est au nord-ouest: ciel gris
les têtes noires des brebis dans le pré d’en face m’horripilent ( le temps de le dire et il se remet à flotter)
– à quoi bon continuer d’enseigner les langues mortes à des poteaux électriques?
quelque jour va bien. une fois levée l’ancre et épilé l’anus, quelque jour va très bien
on le dirait flottant en l’air, on le dirait prenant de très esthétiques clichés de nos basses besognes
il le fait sans y penser – le larme à l’œil la bave aux lèvres certes vertes, mais sans y penser vraiment
vraiment

Laisser un commentaire